Jeudi 29 juin 2006

Notre soleil ronronne sa lumière,

Notre terre, diverse dans ses climats, ses paysages, ses musiques porte la vie.

La vie, faite de bêtes, de plantes, de petites choses et d’hommes, explore les jeux.

Les hommes, comme chaque bête, chaque plante, et chaque petite chose portent leur secret.

 

Il y avait jadis une règle :

« Si un homme traverse une plaine et qu’il la trouve belle, il peut la choisir pour être sa terre.

Dans ses ébats, il apprendra ses jeux et les dira avec pudeur à ces enfants. »

 

Les pères et leurs fils traitèrent longtemps leur terre avec respect et attention,

Jouissant de ses fruits, souffrant de ses caprices.

Heureux de la magie renouvelée des ombres et des couleurs, ils la trouvèrent belle.

Dans leurs ébats ils apprirent ces jeux et les dirent avec pudeur à leurs enfants.

 

Ce qu’il se passa, on ne peut le dire !

La terre s’oublia-t-elle dans un caprice d’une rare violence,

L’homme perdit-il un instant l’espoir ?

Il fut un jour, une génération où l’homme décida,

Qu’il pourrait dans ses ébats apprendre les jeux de la terre,

Et les écrire sans pudeur pour ses enfants.

Depuis ce jour, la terre perdit génération après génération ses secrets,

Contrainte à fournir ses fruits avec docilité, comme sans résistance.

 

Elle nous donne aujourd’hui une abondance fade à l’amertume du viol.

L’homme n’a jamais était aussi irrespectueux qu’aujourd’hui,

De celle qui peut lui donner son bonheur !

 

Je voudrais maintenant écrire une prophétie,

Depuis ce jour où nous avons commencé à violer notre mère la terre,

Elle n’a pas cessé de nous aimer.

Elle nous donne même les moyens,

De la parcourir,

De lire en elle,

De lui prendre son eau,

De la fendre sans effort.

 

Nous apprîmes et nous écrivîmes sans pudeur,

Comment tirer de la terre et de la vie,

Des fruits à la rondeur et à la rougeur entendues.

Nous oubliâmes jusqu’à son existence,

Pour sombrer dans la quintessence du narcissisme :

L’illusion de notre toute puissance et de notre beauté infinie.

 

O, profondeurs de l’air aux contenances rares et lourdes de sens,

Et rondeurs légères de l’eau, sensuelle et vivante,

Lui, aérien, la couvre, l’océane,

Et tout deux pèsent de langueurs et de questions,

Sur la terre qui les gave sans compter.

 

Demain fiévreuse et délirante, la terre va nous jeter,

Les uns contre les autres.

Nous nous déchirerons pour accéder à ses fruits,

Que nous aurons cru, le temps de sept générations,

Etre dus !

 

Demain, ceux qui acceptèrent de ne transmettre à leur enfant qu’une pudique parole,

Regarderont passer la vague.

Par Reivax Aluni - Publié dans : humentropie
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